Revue de presse

Semaine du 16 au 21 octobre 2010

L’élimination d’Al Ahly de la Ligue des champions africaine, la suspension de plusieurs chaînes satellitaires par l’opérateur égyptien Nilesat et les nouvelles restrictions sur les envois groupés de sms ont fait les titres de la presse égyptienne cette semaine.


La défaite d’Al Ahly, le principal club de foot du Caire, adulé par des millions d’Egyptiens, face au Taraji tunisien, 0/1, a fait couler beaucoup d’encre. Les journaux cairotes narrent les accusations qui fusent après ce match décisif. Le quotidien Al Ahram titre sur les propos d’Hossam El Badry : l’entraîneur d’Al Ahly a violemment critiqué la clémence de l’arbitre, qui a validé un but marqué de la main par les Tunisiens. Le journal indépendant Al Youm El Sabaa revient lui sur les sanctions prises contre El Badry par la Confédération africaine de football (CAF), après les déclarations de l’entraîneur insinuant que l’arbitre avait été acheté par l’organisation, qui aurait ainsi aidé la victoire du Taraji… Pour les joueurs aussi, ce match est lourd de conséquences :  Al Gomhoreya raconte que Mohamed Barakat, milieu de terrain égyptien, a écopé d’une lourde amende pour sa réaction explosive à une décision de l’arbitre lors de la rencontre, qui lui avait déjà valu un carton rouge sur le terrain. Mais cette sanction-là ne vient pas de la CAF : c’est la direction d’Al Ahly, passablement remontée contre le joueur, qui a décidé de le punir.

Les sanctions pour « mauvaise conduite » touche aussi le monde des médias : le ministère de l’Information a suspendu 16 chaînes satellitaires depuis le début du mois. Une vingtaine d’autres ont reçu un avertissement. Les autorités accusent en effet ces chaînes de télévision diffusées par l’opérateur égyptien Nilesat de promouvoir des idées religieuses extrémistes, telles que « l’excommunication, le bannissement ou le meurtre de musulmans chiites », d’après les propos d’Anas El Feki, le ministre de l’Information, repris par la plupart des quotidiens. Le ministre de l’Information a ajouté que la promotion de « traitements à base de plantes pour le cancer et l’hépatite B et C » sur ces chaînes avait également motivé la décision. Pour le journal indépendant El Shorouk, la décision serait liée aux législatives du mois prochain. Mais elle pourrait aussi refléter la volonté du gouvernement de combattre les salafistes, tenants d’un islam rigoriste, dont les idées gagnent du terrain en Egypte depuis une vingtaine d’années. Plusieurs chaînes interdites, comme « El Nass », s’inscrivent en effet dans la tendance salafiste. Et le gouvernement égyptien voit certainement d’un mauvais œil le discours extrémiste sur les chrétiens que tiennent certains prédicateurs qui s’expriment sur ces chaînes, alors que les tensions entre musulmans et coptes (6 à 10% de la population) persistent en Egypte.

Une autre décision destinée à contrôler les médias et la circulation de l’information a préoccupé la presse égyptienne cette semaine. Il s’agit de restrictions imposées sur les envois de sms groupés par l’autorité de régulation des télécommunications. Les entreprises qui utilisent ce système, notamment les journaux privés qui, en partenariat avec des opérateurs de téléphonie mobile, diffusent ainsi certaines informations, doivent désormais obtenir une licence. Mahmoud El Gweini, conseiller du ministre égyptien des Télécommunications, a déclaré que cette décision était motivée par des inquiétudes quant à la possibilité que des sms «aléatoires» concernant des questions sensibles, comme les tensions religieuses ou la Bourse, soient envoyés aux clients. Mais pour le rédacteur en chef du journal Al Masry Al Youm, ces restrictions ont un autre objectif. Beaucoup d’organisations de défense des droits de l’homme pensent en effet que le pouvoir cherche, à l’approche des législatives, à affaiblir les mouvements d’opposition, qui utilisent largement l’envoi de sms groupés pour communiquer. Gamal Eid, directeur de l’Arabic Network for Human Rights Information (ANHRI), estime ainsi qu’il y a peu de chances que les autorités lui accorde une licence pour diffuser des informations sur les violations des droits des citoyens.

Rania El Shamma’a

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