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Une révolution est passée par là…

Ca ne vous aura pas échappé. Depuis le début de l’hiver, un vent révolutionnaire balaye l’Afrique du Nord. Il souffle encore, de Misrata en Libye aux portes de la Syrie, et brave les dictateurs les plus féroces.

En Egypte, il s’est déchaîné. Le temps d’une tempête de 18 jours. A Suez, à Alexandrie, il a porté le même cri, « Moubarak dégage ! ». La place Tahrir, pardon Midan Tahrir en égyptien, s’en est fait l’écho. Elle a été la caisse de résonnance de centaines de milliers de voix, ivres d’avoir enfin le droit à la parole et unies derrière une seule et même aspiration : faire tomber le raïs et mettre fin à trente ans d’autoritarisme et de gabegie.

Trois mois plus tard, la torpeur du printemps a supplanté de la bise hivernale. Aux violences des combats se sont succédé des luttes intestines. Les lignes de fracture se sont estompées et sont moins lisibles. C’est vrai, Hosni Moubarak est parti. C’est vrai, les Egyptiens ont recouvré une dignité qu’ils avaient perdue depuis trop longtemps et ont mené la vie dure au cliché qui leur collait à la peau, celui du peuple qui ne se rebelle pas contre Pharaon. C’est vrai, ce sont les jeunes qui ont fait la révolution, dans un pays où jusqu’ici ils n’avaient pas voix au chapitre, bien que les moins de trente ans représentent plus des deux tiers de la population.

Mais aujourd’hui, tout reste à construire, à commencer par un système politique, avec une constitution, des dirigeants élus, une opposition et des citoyens. La tâche n’est pas simple. Depuis la révolution, l’économie égyptienne est en plein marasme. Dans les ashawiyat, les quartiers informels et défavorisés en périphérie du Caire, les habitants ont faim et mangent la nourriture qu’ils réservent d’ordinaire à leurs animaux. La police n’est plus aussi présente que sous le régime de Moubarak. L’insécurité s’est invitée dans les rues, en particulier dans les quartiers les plus pauvres. Les militaires continuent de torturer, usant des bonnes vieilles méthodes de feu la sécurité d’Etat. Les violences confessionnelles se multiplient. Le spectre d’une contre-révolution court toujours alors qu’il est impossible de savoir qui exactement est aux commandes du pays…

Ca ne vous aura pas échappé. Pendant la révolution et jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas pu alimenter MidanEgypte. Hum hum… moue embarrassée, joues empourprées, regard gêné irrémédiablement vissé au plancher : bon, oui, ce n’est pas terrible. Tant pis ! Nous avons décidé de reprendre du service et de couvrir autant que possible cette période de transition aussi passionnante que complexe. Bienvenue en Egypte post révolution !

MidanEgypte

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